Shostakovitch (1906-1975)

Musique sympa pour les vacances

Commençons par une précision : on dit toujours « La Valse de Shostakovitch ». C’est céder à la com. Il y en a plusieurs et celle-là, c’est celle de la pub. Ensuite, c’est une valse extraite de sa deuxième Suite de Jazz. Et il y en a bien d’autres. Quand il s’y met, le père Shosta, il sait être plaisant. Ici, vous allez trouver de quoi vous faire plaisir. La Valse est à 18:30.

Et il y a son 1e Concerto pour piano que voici. C’est une œuvre assez curieuse que j’aime bien ou, plus exactement, donc j’aime 3 des 4 mouvements.
On l’appelle souvent Concerto pour Piano et Trompette, comme s’il s’agissait d’un double concerto. C’est une fausse appellation. C’est un concerto pour piano avec une importante partie de trompette, c’est tout.

Nous avions tourné ce concerto dans tout le département, un peu comme nous ferions plus tard avec Jean-Philippe Collard, avec l’Orchestre de Bayonne Côte basque et deux excellents pianistes en alternance, Nicholas Angelich qui commençait à peine la brillante carrière que l’on sait, et Olivier Chauzu, jeune artiste prometteur qui deviendrait très vite prof au conservatoire de Bayonne. Nicholas, pour sa part, liera une relation très particulière et affective avec la Côte basque, Anglet et son adjoint chargé de la culture, Monsieur Jean-Michel Barate car, franco-américain, il donna un récital le 11 septembre 2001. Quoique très affecté, il le maintint et joua dans une atmosphère quelque peu irréelle en l’église Saint Léon.

Pas vraiment un grand rigolo

Dans l’œuvre souvent austère de ce compositeur austère lui-même, le 1e Concerto pour piano de Dimitri Shostakovitch est vraiment particulier, un peu comme la fameuse valse et pour les mêmes raisons : légèreté et apparente insouciance.

De ces 4 mouvements, je mets donc à part le 2e, le lento, que je trouve un peu rébarbatif et longuet. Mais le 1e annonce une humeur joyeuse et pleine de fantaisie : l’attaque surprenante sur piano/trompette puis les thèmes mélangeant allègrement tonalité et modalité, annoncent la couleur : ça va bousculer !

Le 3e est étonnement court, 2 mn, et annonce un 4e où Shosta se lâche complètement. Ça part dans tous les sens stylistiques, il n’y a guère d’unité, on entend du jazz, les rythmiques s’enchaînent sans cohérence évidente donnant à l’ensemble une tournure assez drolatique : j’adore !

Je l’ai entendu dirigé par son fils Maxime, avec son petit-fils Dimitri au piano. C’était singulier. Ils se faisaient manifestement plaisir et s’amusaient, lui donnant un air de feu d’artifice avec bouquet final flamboyant. Malheureusement je n’ai pas trouvé d’enregistrement d’eux sur Youtube. Alors j’ai pris ce qu’il y avait.

Dimitri Shostakovitch au piano

Et il y avait Argerich. Bon, je sais ce que vous allez me dire, « tu deviens difficile si Argerich ne te suffit plus ». Ok, d’accord. Mais ici (pour une fois j’ose une réserve sur Martha, je vais me faire eng…), je la trouve trop sérieuse, elle qui sait avoir tant d’humour. Même les tempi (hormis dans le final : là, elle donne !) sont trop raisonnables. Quant à David Guerrier, c’est un incomparable trompettiste qui lui donne parfaitement la réplique parce que sa partie, dans le dernier mouvement, il faut la tenir ! Le son est très beau, la technique ébouriffante. 

Allez, hop, assez papoté, on se fait plaisir et on écoute. Je vous le remets : rendez-vous au quatrième mouvement 😋

N.B. Notre amie Christiane me signale mon erreur : l’enregistrement par fils et petit-fils existe bien sur Youtube. Voici donc leur 4e mouvement.

2 commentaires sur “Shostakovitch (1906-1975)

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