G7… la suite : rencontre avec Serge Istèque

Déjà président de l’association des Commerçants Biarritz les Halles et Centre-ville, Serge Istèque a été élu président de l’Office de Commerce et de l’Artisanat de Biarritz, à sa création bien tardive, en mars 2019.

On avait connu Serge il y a quelques années dans d’autres circonstances que biarrotes. Il était alors président de la puissante fédération EDB, Euskal Dantzarien Biltzarra, fédération de danse du Pays basque. Danseur lui-même, acteur engagé dans la danse, la culture et la promotion de l’Euskara, il était aussi reconnu pour ses profonds sentiments abertzale. Et voilà qu’on le retrouve à la défense du commerce biarrot, tenant un discours sur le G7 bien loin des G7 Ez et autres pourfendeurs de l’événement auxquels on l’aurait pourtant associé. Autre étonnement, celui de le voir à l’initiative du festival Biarritz Années Folles, à la tête d’une belle équipe d’organisation.

Une rencontre s’imposait pour y voir plus clair et comprendre comment s’articulaient ces apparentes contradictions.

©Photo d’art M. H.
Avec Madame Emmanuel Macron

La conversation s’engage facilement, l’homme est affable et disert. Son discours est construit, ses réponses claires et beaucoup plus arrondies que d’autres discours abertzale :
– « Je suis un patriote. Mais attention : le patriotisme n’est pas le nationalisme ».
On discute alors des constantes du nationalisme, en particulier le fait qu’il est, l’histoire le montre, toujours associé à des idéologies d’extrême droite. C’est précisément pour cela qu’il refuse cette idée. Au contraire, « il n’y a pas d’opposition, je suis fier de mon pays et je suis fier du Pays basque. Je suis fier que mon pays ait choisi Biarritz et le Pays basque pour le G7 ». On l’interroge sur ce mon pays : « Oui, la France. Je suis un Français fier de mon pays. Et je suis un Basque. Où est le problème ? »
Comme on n’en voit pas, il continue : « on a surfé sur la vague. Basques, Français, Espagnols, commerçants ou pas, personne n’avait intérêt à ce que le G7 se passe mal ». Et ceux qui ont joué les Cassandre ? « C’est leur problème. Moi, je n’ai jamais voulu entrer dans ces petits jeux qui sont en fait des jeux personnels. Moi, je défends les commerçants et l’emploi dans cette ville. Biarritz, c’est 15.000 emplois directs qui dépendent essentiellement du commerce. Ce n’est pas rien ». En effet.

Une création de Carine Gassiat

On en vient à Biarritz Années Folles et à la mode. En première analyse, ces années d’entre deux guerres ne furent pas celles d’une mise en valeur de la culture basque mais plutôt de son approximative appropriation par nos riches et puissants visiteurs d’alors. Si Serge reconnaît que la culture basque a souvent été un prétexte, il justifie sa position : « Biarritz s’est construite dans ces années-là, c’est juste 1919-1929, les années folles. Je ne dis pas que tout Biarritz s’est construit là, ce serait idiot, mais son identité d’aujourd’hui s’est bâtie pendant ces années ». Comme on en est déjà convaincu, l’échange contradictoire devient difficile. Surtout lorsqu’il ajoute : « marre des amalgames ».

La conclusion, lui revient évidemment. Elle a une portée universelle, bien au-delà de notre petite discussion d’Etxola Bibi, aussi sublime soit la vue ces jours-là sur le Golfe de Biscaye. Elle sonne comme l’engagement d’une vie :

  • « Ecoute ! Surtout il ne faut pas mettre en opposition des choses qui font mal ».

Gau on, Serge, ikus arte.

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