Relancer Biarritz #1 – La crise, et après ?

Qu’on me pardonne l’aspect un peu rébarbatif des explications préliminaires ; elles sont nécessaires car justifient la suite.

La crise
L’arrêt brutal et quasi complet de l’activité mondiale va être suivi d’une grave crise économique. Nous voyons depuis quelques semaines valser les milliards d’euros. La Banque centrale européenne va garantir la relance de l’Union à coup de milliers de milliards d’euros. C’était encore, il y a peu, inimaginable. Ça demeure fou.
A partir des semaines qui viennent, et dès que les dispositifs de chômage partiel et de prise en charge par l’État vont finir, le nombre de faillites et le chômage vont exploser entraînant des centaines de milliers de demandeurs d’emplois supplémentaires. Les plus frappés par la crise devront pouvoir continuer à vivre dignement : c’est la raison d’être de notre État Providence, l’État protecteur. Ces milliards d’euros vont servir à aider ceux dont le travail a été supprimé et la situation de vie fragilisée. Ce sont des mesures de protection sociale nécessaires.
Continuer à vivre, c’est aussi consommer, faire tourner notre appareil productif, faire entrer des cotisations dans nos caisses de solidarité et des taxes, dont la TVA, dans les caisses de l’État. Les mesures de protection sociale sont indirectement des mesures productives.

Les mesures gouvernementales seront accompagnées par les collectivités locales. Leurs recettes ayant fondu, leurs budgets de fonctionnement ne leur laisseront quasiment aucune marge de manœuvre.
Leur seule possibilité ? L’investissement. Investir pour l’avenir.

La relance
Dès l’automne, l’État engagera un grand plan de relance économique qui sera inscrit dans le projet de budget 2021. Si les dépenses sociales furent indispensables, elles ne sont pas productrices des richesses nécessaires au remboursement ultérieur de la dette colossale créée par le soutien à l’économie et à l’emploi.
Cette relance se fera par l’investissement productif. Producteur d’activité, de travail, d’emploi et de richesse. Notre tissu industriel ayant fondu, elle se concentrera sur les services. Au premier rang desquels ceux liés à notre industrie touristique. Or, deux choses : premièrement, l’investissement en France, est assuré à 70 % par la commande publique, nos collectivités territoriales et nos municipalités.
Et deuxièmement, Biarritz est une ville de secteur tertiaire, de services touristiques.
Notre seule possibilité ? L’investissement. Investir pour l’avenir.

L’investissement à Biarritz
La future maire de Biarritz aura à peine quelques semaines pour prendre le train de la relance car l’État aura besoin de projets d’activité à soutenir. La période est plus que favorable car les taux d’intérêts ne peuvent être plus bas et cette relance pourrait avoir pour conséquence une inflation et une remontée des taux, ce qui faciliterait le remboursement des intérêts de la dette. C’est donc le moment d’investir dans de lourds travaux de développement touristique correspondant aux grandes orientations de notre station, le haut de gamme, le refus du tourisme de masse, une meilleure répartition dans l’année, le souci de l’environnement, les congrès, lucratifs pour tous, commerçants, services, PME et artisans locaux. Avec le soutien de l’État, de la Région et de l’Europe, investir pour l’avenir sera créer de nouveaux produits, de nouvelles activités, de nouvelles richesses. Autant prendre les devants pour alléger le poids de cette dette qui, de toute manière, est inévitable, que les futurs élus le souhaitent ou non.

Je vois deux grands projets nécessaires. Ils ont un grand avantage commun : ils ne sont pas du bétonnage. Et si le deuxième oblige indirectement à un nouveau bâtiment, ce dernier devra être écologiquement vertueux, économiquement équilibré et au bénéfice de tous les habitants de Biarritz.
Je les dis immédiatement, laissant mon aimable lecteur s’étonner (« hein ? Il est fou ? ») puis suivre mon raisonnement car il est parfaitement sensé :

  1. Recréer la verrière de la Gare du Midi
  2. Vendre la mairie

RECRÉER LA VERRIÈRE DE LA GARE DU MIDI

Quelle ville de congrès, disposant d’un tel volume utile s’en serait débarrassé à grands coups de pelleteuse ? C’est ce que fit Biarritz à la fin des années 80 avec un triple préjudice :

  • priver la salle, et donc la ville, d’une vocation de grands congrès, puisque le lieu créé n’offre pas d’espaces suffisants d’accueil, de salles de conférences, de réunions ou encore de déjeuners d’ampleur ;
  • créer une prétendue terrasse totalement inutile, depuis laissée, non en jachère puisque son gazon est en vieux plastique, mais en déshérence : quelle surface ! Quel gâchis commercial !
  • défigurer la façade de la gare dont les deux tours latérales devinrent orphelines de la belle architecture qu’elles soutenaient.

Reconstruire la verrière de la Gare du Midi représente d’énormes avantages car c’est un investissement générateur d’activités et de recettes nouvelles, puisque commercialisable par Biarritz Tourisme, créateur de richesse et d’intérêt culturel et architectural.

La verrière juste avant sa démolition : quel volume perdu !

Un intérêt économique
La grande salle Atalaya, d’une jauge de 1.500 places, manque d’espaces annexes pour recevoir les grands congrès. Même pour les festivals, ces espaces manquent : un véritable, grand et beau foyer du théâtre, des salles de commissions et de réunions nécessaires aux congressistes dans un espace libéré par le Centre chorégraphique national qui pourrait migrer un étage au-dessus.

Avec les volumes libérés et créés, Biarritz Tourisme disposerait d’atouts de haute qualité pour vendre le lieu et en tirer un bien meilleur profit.

Cet investissement participerait à la volonté de diversification des activités en basse saison, non productrice du tourisme de masse dont nous ne voulons plus, mais haut de gamme avec l’accueil de congrès et festivals plus importants. Les retombées sur l’hôtellerie et la restauration seront immédiates, sur l’économie, le commerce et les activités tertiaires locales, donc pour l’emploi des Biarrots (favorisant donc, par une politique de logement adaptée, leur fixation en ville : je ne veux alourdir mon propos par ces considérations, mais tout est intimement lié).

Un intérêt culturel
Dans un tel volume, dont on laissera l’agencement à l’imagination des architectes en fonction d’un cahier des charges précis établi avec Biarritz Tourisme, le CCN Malandain Ballet Biarritz trouverait sous la nouvelle « verrière » un espace réunissant ses bureaux, ses salles de travail et un véritable plateau de répétition, outil d’une grande importance qui lui fait aujourd’hui cruellement défaut.

Des foyers du théâtre créeraient aussi la possibilité de rencontres dont les amateurs de spectacle et les festivaliers ont besoin aux entractes ou aux pauses, et de tant d’autres événements à imaginer.

Un intérêt architectural
Est-il besoin de le démontrer ? Cet espace vide entre les deux tours est une verrue. L’harmonie de cette façade ne peut se passer d’une « verrière ». Laissons encore aux architectes le soin d’imaginer l’aspect de cet espace recréé, en concertation avec l’Architecte des Bâtiments de France et la population consultée, en particulier matériaux et couleurs. Les contraintes liées à l’inscription aux monuments historiques sont sévères, mais surmontables et, au contraire, sources de créativité.
Une réussite architecturale serait aussi un nouvel attrait pour Biarritz.

Face à un jardin public repensé, refait, refondu de fond en comble (autre investissement absolument nécessaire à l’agrément, à la convivialité, aux familles et aux enfants) la Gare du Midi trouverait enfin la vocation qui lui a jusqu’alors échappé, l’accueil de grandes manifestations et congrès de prestige.


VENDRE LA MAIRIE

Voilà des décennies que je me demande pourquoi la plus belle vue sur l’océan est celle du bureau du maire !

Le colossal volume de ces bâtiments, Hôtel de Ville et Commissariat de police, doivent retrouver leur vocation initiale du Bon Marché de Paris : privée, commerciale et touristique. La valeur de ce bâtiment est difficilement estimable. Mais en tout état de cause négociable : un rez-de-chaussée fait de boutiques et le reste de l’espace dévolu à un grand hôtel.

Le Bon Marché de Paris en 1923

Un intérêt économique et touristique
Alors que Biarritz manque d’hôtels de luxe, cet imposant volume vendu à une grande société hôtelière ou un investisseur qui lui en confierait la gestion, redonnerait à Biarritz un peu de la capacité d’hôtellerie de luxe dont elle est privée depuis 1945. Qu’on se souvienne de cette richesse unique d’accumulation d’hôtels qui seraient aujourd’hui des cinq étoiles, le Majestic, le Carlton, le Continental, le Victoria et un peu plus loin, le Grand Hôtel et l’Hôtel d’Angleterre. On en oublie… Cannes est dotée de dix hôtels cinq étoiles dont cinq au coude à coude sur la Croisette. Cherchez l’erreur. Pourtant j’ai vu, il y a peu, son maire plusieurs fois cité en exemple par quelques candidats.

Des facilités administratives pour tous
Le produit de la vente de cet immense volume permettra la réalisation d’une vraie et nouvelle Maison commune ailleurs qu’en front de mer, beaucoup plus centrale et accessible pour les Biarrots, rationnellement agencée pour ses agents aujourd’hui entassés dans une mairie devenue obsolète. De toute manière, de lourds travaux y sont nécessaires. Économisons-les. On sait bien aussi que ne peuvent y stationner ni les usagers, ni les agents, ni les élus.

Les lieux possibles d’un nouvel Hôtel de Ville éco-responsable et énergétiquement neutre ne sont pas nombreux. Immédiatement vient à l’esprit le parking Floquet et la portion de rue attenante, creusés d’un parking d’au moins cinq niveaux. Confié à un véritable urbaniste capable de le reconfigurer utilement, esthétiquement et écologiquement, ce quartier, aujourd’hui abandonné à des travaux permanents, une fois ceux-là, et d’envergure, réalisés, pourrait être un centre administratif harmonieux, d’usage cohérent, pratique et d’accès facile (les navettes gratuites !).


Ne pas confondre vivre au jour le jour et la vie devant soi

Faire valoir la proximité avec l’électeur, l’écouter, lui dire ce qu’il a envie d’entendre, lui promettre ce qu’il souhaite, refaire le trottoir devant chez lui, peindre, dépeindre, repeindre en blanc ou en jaune des voies cyclables toutes plus dangereuses les unes que les autres, faire du joli quand le joli est possible, faciliter la vie quotidienne quand on peut l’améliorer, permettre la douceur des déplacements au gré du vent, augmenter l’art de vivre sous le soleil, tout cela est bel et bon. Mais c’est de la gestion quotidienne. Ça ne voit pas à trente jours ! Ce n’est pas un projet municipal. Ou alors… Nous nous satisferions de voir nos ronds-points élégamment fleuris pendant six ans et basta ?

Demain : Relancer Biarritz #2 – Les eaux de baignade

9 commentaires sur “Relancer Biarritz #1 – La crise, et après ?

  1. Ami, j’ai du louper un épisode des élections puisque tu écris :
    « La future maire de Biarritz ». Donc pas besoin d’aller voter le 28 juin !
    Sans rire, je vais relire de plus près ton analyse mais déjà l’idée de reconstruire la verrière me semble judicieuse.

    Aimé par 1 personne

  2. La verrière oui.mais qui a sauvé inextremit la gare ou ce qui en reste et donc a fait venir ballet Malandin.?🥰😉
    Bon,ne soyons pas ingrat.
    Une mairie fonctionnelle donc à construire mais la conjoncture sy prête t’elle.?????
    Plus d’hôtel de luxe pourquoi pas! mais vouloir copier la cote d’azur????
    Chacun sait que la vie de touriste c’est en 1er prendre le soleil ++++,lézarder sur le sable chaud dans un océan propre.😉👍alors n’est pas trop tard pour la villégiature de luxe en vacances sachant sue notre cote n’a point l’ensoleillement de la côte Méditerranée.
    Je ne suis pas très certaine que le congressiste a le temps et puisse lézarder ds l’hôtel de luxe 5*.
    Mais pourquoi pas un hôtel de grd standing en lieu et place de la mairie actuelle,avantage certain il ouvrira des emplois locaux et les recettes iront sur le budget local.
    Cest qd même mieux que de prevoir des travaux titanesques, coûteux +++×××××××aux biarrots pour un double circuit de l’assainissement

    Btz éventrée des mois pour: la fibre optique,
    Le tram bus,
    Les réseaux souterrains…..et maintenant pour un assainissement ds un double circuit parallèle!!!😥😥☹☹

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    1. Ma Chère Régine, ta mémoire te trahit un peu, là. Qui a « sauvé » (c’est toi qui le dis) la gare et construit en creusant la salle de spectacle ? C’est Bernard Marie. Salle inaugurée par lui-même en début d’hiver 1991.
      Qui a fait venir Thierry Malandain ? C’est Monsieur Borotra.
      Aucune ingratitude, je me contente de relater des faits.
      Imiter la Côte d’azur pour que des gens se prélassent sur la sable ? Tu m’as mal lu.
      Quand aux congrès et grands festivals, oui, évidemment, c’est le 5* qu’ils recherchent. Le 4
      au pire !
      Pour le réseau d’assainissement, RDV demain ? 😉

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  3. La mairie ,sous Mr Borotra ,l’idée avait germée,il voulait à l’époque la déplacer au 38 av Carnot,et le commissariat à la station BP au 32 av Foch,et l’actuelle mairie un hôte de standing.
    C’est une bonne chose que l’idée revienne.

    Aimé par 1 personne

      1. je dirai même plus « tu commenceS » à me plaire…
        retrouvons nous en haut du jardin public…DEVS EX MACHINA

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  4. Deux superbes idées, à intégrer dns un nécessair plane relance keynésien, un « new deal-green deal » à la biarrote. J’adhère à 1000%.

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