18 juillet

Pronunciamiento

Le 18 juillet, longtemps fête nationale espagnole (de 1939 à…? Je ne sais plus la date exacte : la constitution de 1978 ?) est un sombre anniversaire : celui du soulèvement de l’armée contre la IIe république espagnole, il est vrai menée par des communistes, léninistes et anarchistes sanguinaires eux aussi ; le 18 juillet 1936, débarquaient du Maroc au sud de l’Espagne, les troupes du général Franco. Le gouvernement espagnol décidait alors d’armer la population et les milices ouvrières : ainsi commença la guerre civile dite Guerre d’Espagne qui ne s’acheva qu’en avril 1939, pour être suivie elle-même, et jusqu’en 1975, par la dictature franquiste.
C’est de ces conditions de la dictature et de la manière terrible dont la répression s’abattait, en particulier sur le Pays basque, que naquit, dans les années 60, l’organisation terroriste ETA. Je me rappelle très bien l’assassinat qu’elle perpétra contre l’amiral Carrero Blanco, dauphin désigné du Caudillo. Sa voiture blindée sauta sur quelques kilos d’explosifs bien cachés dans les égouts de Madrid, par-dessus l’immeuble voisin dans le jardin intérieur duquel ses restes s’écrasèrent. S’il est une action salutaire de ETA, c’est bien celle-là, mais celle-là seule : avoir ainsi préservé l’Espagne de la continuation de la dictature. Je me souviens d’avoir chanté gaiement, alors, et avec quelques amis et amies qui se reconnaîtront : « Ha saltado ». Et je ne le regrette pas. C’est pour cela qu’en son temps, nous eûmes quelque sympathie pour l’organisation. Cela ne dura pas au-delà de 1975. Mais c’est une autre histoire.

La Photo de Papa

J’ai ailleurs évoqué l’excellente, touchante et sensible pièce de Stephan Wojtowicz, mise en scène par l’excellente Pantxika Velez, aujourd’hui à la tête de l’Atrium de Dax, La Photo de Papa, texte sur la décomposition d’une famille dans une maison des Landes cet été-là, l’été de ses premiers congés payés (eh oui, 1936 est aussi l’année des premiers congés payés en France) : des plages landaises, on entendait quotidiennement l’artillerie franquiste bombarder Irún. Nos anciens s’en souvenaient encore récemment.

La Photo de Papa au théâtre l’Union de Limoges ©Nathalie Milliard

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