Retour vers le BO

Quel match !

Premier match à Aguilera pour ce jeune supporter au polo toulousain, mais tellement biarrot

On aime bien pouvoir commencer par le sport. On est tellement heureux du match de samedi contre ces satanés Toulousains ! Tenus en échec plus d’une mi-temps par un BO solide qui n’a que peu flanché. Jusqu’à la 50e minute où entre sur le terrain une nouvelle équipe du Stade. Fraîche, pimpante, jeune, qui s’est tranquillou échauffée sur le banc en attendant son tour ; restent face à elle, sur le terrain, les valeureux BOy’s que cette dure heure de jeu a déjà bien entamés.  Et évidemment « Dupont et Dupont » comme le titre Sud-Ouest Dimanche1, nous assène ses coups mortels. On déteste cet Antoine Dupont de génie quand il nous fait ces sales coups, autant qu’on l’adore quand il fait les mêmes en équipe de France. Mais quel emm… celui-là ! Quand on sait qu’en plus le pauvre Brett Herron a laissé 8 points de côté (trois tentatives à gauche des perches). Ce n’était pas son jour, voilà tout. Un beau combat, même si verrouillé, et une défaite honorable d’une équipe de Biarritz contre deux équipes de Toulouse.
Car il faudra bien un jour revoir ces règles de coaching qui faussent totalement le championnat : à la fin, c’est le plus riche qui gagne !
Et le plus riche n’est pas Biarritz. Le président Aldigé ne cesse à raison de le répéter.

Ah mince, on avait dit qu’on parlait sport…
Allez, il faut tenter d’en finir avec toutes les bêtises entendues ou lues, y compris par des personnes tout à fait de bonne foi et bien intentionnées. On va donc éclairer un peu les choses. Sur le BO et sur ce qu’est un bail emphytéotique.

Le BOPB

Le Biarritz olympique Pays basque s’est progressivement professionnalisé dans le même mouvement que le reste du rugby français à la fin des années 1990. Aujourd’hui, le club n’est plus en association et n’appartient plus à des adhérents-supporters. Le BOPB est devenu une société anonyme totalement privée, sous la forme d’une SASP, Société anonyme sportive professionnelle. Comme pour toute société anonyme, ses dirigeants peuvent en être salariés et recevoir des dividendes. 

On comprend mieux les réticences des villes et autres collectivités à subventionner une société privée à laquelle, évidemment, elles ne participent pas. Elles ne peuvent l’obliger en rien, en dehors des cadres légal et réglementaire qui s’imposent à toute relation entre une entreprise privée et la collectivité sur le territoire de laquelle elle est établie. Et inversement, n’est-ce pas ?

La professionnalisation du rugby tire vers le haut la masse salariale des clubs, comme on vient de le voir pour le Stade toulousain. Des dirigeants professionnels osent un pari, prennent un risque, comme dans toute entreprise ; seuls ils en assument le risque comme seuls ils en retireront le bénéfice. Rendre leur entreprise rentable est de leur responsabilité. Leur faciliter la tâche est du ressort de la collectivité, surtout lorsque ladite entreprise exerce son activité sur un terrain communal. C’est exactement l’objet du bail emphytéotique.

Le bail emphytéotique et les prérogatives de l’emphytéote

Montage humoristique piqué sur Internet à Monsieur Amigorena

De mémoire, c’est en 2003 qu’a été signé ce fameux bail, pour une durée de 30 ans, en échange d’un loyer annuel de 2.500 €. C’est grâce à ce bail à durée si longue et loyer si faible que les propriétaires du BOPB peuvent rendre leur entreprise rentable. En effet, en plus de ces conditions très favorables, le bénéficiaire de ce bail particulier, l’emphytéote -pour nous, le BOPB- a les prérogatives d’un quasi-propriétaire et les devoirs qui l’accompagnent. C’est à lui que revient en totalité d’entretenir le bien.

Il en va de même des améliorations que l’emphytéote-BOPB apportera au bien loué, le stade et ses annexes ; si, pour rentabiliser l’entreprise, son propriétaire pense devoir refaire les vestiaires, l’accueil des partenaires, des sponsors et du public, c’est lui qui en a la charge.
Il peut aussi construire à sa charge un bâtiment nécessaire à son entreprise, un centre de formation professionnelle, par exemple, ou des locaux à vocation commerciale. Sous réserve d’un permis de construire en bonne et due forme, évidemment. A la fin du bail, ces investissements reviennent de droit à la commune.

Tout cela aura un coût, mais justement, c’est pour cela que le loyer est si faible et, surtout, que la durée du bail est longue : pour permettre à l’emphytéote de bénéficier du retour sur l’investissement. C’est un contrat gagnant-gagnant : la ville voit son stade et son équipe de rugby vivre et se développer, l’entreprise a le temps et les capacités de rendre son investissement et son entreprise-BOPB rentables.

En bref

Ah, tiens ! Y’a d’la lumière !
©F3aquitaine/S.Estrade
  1. Le BOPB est une société anonyme privée
  2. bénéficiaire d’un bail emphytéotique 
  3. qui lui donne les devoirs du propriétaire
  4. d’entretenir le bien, de le moderniser et de le valoriser
  5. sans le concours financier direct de la Ville ;
  6. elle-même pouvant/devant faciliter son autonomie financière en ayant le moins possible recours à l’argent public
  7. et pouvant participer sous diverses formes à des investissements qui, in fine, lui reviendront.

L’ennui est que les relations ne s’arrangent pas. Or elles le doivent, pourtant. Il faudra graisser les rouages. La Ville comme le club trouveront intérêt à partager un centre de formation qui ne sera pas exclusivement professionnel, par exemple : le club a la mission morale et contractuelle d’accompagner les jeunes joueurs du rugby amateur ; mission intéressée puisqu’ils sont les supporters de demain. Gagnant-gagnant. Tout est encore à construire. Et c’est possible. Pour la Villa rose, il en ira hélas autrement : le dernier sorti ramasse les miettes.

Ce n’est pas la peine de tout compliquer en rappelant qui a dit quoi, ce qui était exact, ce qui était du chantage etc. Après tout, les affaires étant les affaires… La France entière rend bien des hommages à tire-larigot depuis deux jours au moins scrupuleux des affairistes des dernières décennies. C’est donc que tout le monde admet et admire les pressions, chantages et manques de scrupules, non ? En la matière, pour le coup, les dirigeants du BO sont loin du triste maestro.

1 Laurent Zègre in Sud-Ouest Dimanche du 3 octobre 2021, page 36

Voir aussi Blanco loupe sa rentrée et BOPB : le revers de la médaille

7 commentaires sur “Retour vers le BO

  1. Bonjour Jacques
    C’est limpide et complet. Donc j’adhère, sauf à la conclusion, car ce que vous reprochez fort justement à B.Tapie, n’excuse en rien les comportements des Gave et Aldigé. Pour moi ils doivent partir , pour le bien du BOPB et de la ville.

    Aimé par 1 personne

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