BOPB, Fal et autres petites choses

Dernière minute : on apprend hier soir, jeudi 18 novembre, juste avant d’éditer ces lignes, que la Ville de Biarritz octroierait 220.000 € supplémentaires au BOPB sur le contrat d’image qui les lie. Après les 50.000 € de travaux sur la pelouse et les vestiaires cet été, cela fait 270.000 €. Cette somme rondelette serait liée aux négociations discrètes en cours. Sans doute augure-t-elle de relations apaisées et le club fera-t-il à son tour quelque annonce très bientôt ? N’oublions pas non plus l’A.G. de l’association du rugby amateur en décembre. Sans autre précision on attendra, pour se prononcer, les explications de Madame le Maire, en chantonnant ces jolies petites musiques qu’elle nous mit naguère en tête : « plus d’argent public à un club privé » et « nous appliquons notre programme ».

Revenons un peu au Conseil municipal. Peut-être est-ce l’approche des fêtes de Noël ? On est d’humeur badine ce jour, alors on va aborder les choses par leur côté plaisant.

« La Madone d’Aguilera »

Au match contre Toulouse – capture Canal+

Le 24 septembre, Madame le Maire ne l’a pas envoyé dire à Monsieur Dussaussois-Larralde qui s’est fait depuis quelque temps le héraut des hauts faits du BOPB et avocat de ses propriétaires. Il ne manque aucune occasion de mettre le club sur la table ce qui, en soi, n’est pas une mauvaise chose. La réponse de l’apostrophé fut aussi drôle que l’apostrophe : « vous savez que j’ai joué au rugby, plus jeune ? ». Vlan ! Elle a vu juste : l’engouement est récent. Tant mieux ; plus il y a de supporters, mieux c’est.
Depuis septembre, Madame Martineau accompagne son comparse qui doit avoir bien du mal à lui faire comprendre ce qui se passe sur le pré. Ou prépare-t-elle une chorégraphie sur le geste rugbystique ? 
Au conseil d’octobre, ce fut son tour de monter au créneau au sujet d’une subvention pour le rugby amateur. On passe sur les très longs échanges où les uns firent mine de ne pas comprendre et les autres se délectèrent de répondre de côté aux questions que les uns n’avaient pas posées. 

Sur cet exercice règne Monsieur l’Adjoint aux finances. Pour dire que cette subvention changeait de trajectoire, il expliqua, commenta et développa pendant de longues minutes et sur un ton monocorde, un triple schéma d’une rare complexitude. Ce fut réjouissant. Mais peut-être le fond de l’affaire n’est-il pas si simple ? Monsieur l’Adjoint aux finances a cette redoutable qualité qu’« avec ses discours, il est capable d’endormir tout le monde en quelques minutes » comme l’écrit Der Spiegel à propos du futur chancelier allemand, Olaf Scholz.

Ça c’est du schéma !

« C’est la grande braderie ! »

La pauvre Villa Fal

Dans une des envolées dont elle seule a le secret, Madame Martineau s’est inquiétée le 24 septembre, non sans raison, de ventes du patrimoine de la Ville. Il était question de celle de la Villa Fal, pour un « projet culturel, artistique, patrimonial, économique, sportif, éducatif ou pédagogique ». Autant dire pour ce qu’on voudra. Cette villa est une patate chaude : à qui la refiler ? Il se dit que beaucoup de Biarrots y seraient attachés. Regardons les choses sans sentimentalisme : cette bâtisse n’a strictement aucun intérêt ni architectural, ni artistique, ni patrimonial. Elle est moche, mastoc et bête. Elle est d’un mauvais style néo-palladien tardif, très mal fichue intérieurement, totalement excentrée et invisible, hors de tout contexte urbain intéressant ; de plus, elle est en piteux état. Qui voudrait d’une verrue en ruine davantage digne du crépuscule des vieux que de Parsifal, de qui elle tire son nom ? Que l’on confie donc le tout à un bon architecte et qu’il envoie tout ça promener. Quitte à lui demander, pour le souvenir, de réutiliser quelque pierre dans une vraie architecture moderne et pourquoi pas, futuriste ? La majorité manque d’idée et d’audace sur ce dossier. De l’imagination, que diable ! On tient le pari que le troisième appel d’offre sera lui aussi infructueux. « Absence d’affectation publique possible. Alors pourquoi pour le privé ? » releva judicieusement Monsieur Carrère, après qu’il eût avoué avoir monté naguère ces marches avec la boule au ventre car c’était pour aller voir le Principal. Tiens, tiens : n’aurait-il pas toujours été sage ?

« Merci chère Nathalie de te tourner vers moi pour savoir quoi voter »1

La réflexion a fusé. Monsieur Carrère n’a plus besoin de principal. Pas plus que d’adjointe à la culture et aux ressources humaines puisqu’en un même mouvement il démontre qu’il connaît l’un et l’autre mieux qu’elle-même2. Heureusement que Madame le Maire sait sortir ses collaborateurs des mauvais pas. 

Quel regard ! Quelle chance vous avez, Monsieur Carrère !
capture Youtube, CM du 25 octobre

En un peu plus d’une année, Monsieur Carrère s’est révélé bien mieux qu’un opposant. Chacune de ses interventions est parfaitement étayée et assise sur une connaissance profonde du dossier. Il propose, complète, corrige et domine son sujet, quelle que soit sa nature. Voilà qui est utile et constructif. Madame le Maire ne manque d’ailleurs pas de le remercier régulièrement de la pertinence de ses propos. 

« C’est vrai que ce n’est pas… on n’est pas… oui, une fois, oui, non, c’est surtout… »

« Non, mais c’est…euh… comment, c’est euh… il y a eu un détachement au niveau euh… du… de… du terrain de la ferme Paillet… ». On n’en veut pas (trop) à Madame l’Adjointe à l’urbanisme de ses envolées, plutôt atterrissages d’urgence, dont elle aussi, seule, a le secret. On aimerait tellement comprendre ce qu’elle dit. Elle semble pourtant bien tenir son domaine et ses rapports. Ce 25 octobre, on eut peur de l’avoir définitivement perdue. Ce n’est pas facile de prendre la parole en public. Beaucoup d’élus de cette majorité y sont confrontés pour la première fois. On espère qu’ils se forment. Le faste de la Rotonde du Bellevue intimide aussi. Les conseils municipaux ne sont plus des réunions entre soi où chacun comprend de quoi il retourne. Ils sont retransmis en direct et visibles en différé. Le public doit comprendre. C’est une nécessité démocratique. 

1 Au conseil municipal du 25 octobre, à propos de la fameuse subvention au rugby amateur
2 Au conseil municipal du 25 octobre à propos de la fermeture de la médiathèque le lundi et du statut de ses agents

N.B. : prochain conseil municipal, vendredi 17 décembre, 17 heures, Rotonde du Bellevue (passe sanitaire requis ?) et sur https://www.biarritz.fr/ma-ville-nere-hiria/le-conseil-municipal/conseils-municipaux

À lire aussi :
BOPB, le retour de bâton, du 5 septembre 2021
Blanco loupe sa rentrée, du 1e octobre 2021
Retour vers le BO, du 4 octobre 2021
Stade français, stade d’Aguilera, du 29 novembre 2021

3 commentaires sur “BOPB, Fal et autres petites choses

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