Federico Martín Aramburú

Voici des lignes qu’on n’avait jamais imaginé devoir écrire un jour. Devoir, oui ; car on ne peut passer à autre chose ni parler des habituelles chamailleries locales comme si de rien n’était.

On connaissait depuis longtemps ce GUD de sinistre réputation, chargé, dans les années 70, de préserver la très droitière faculté d’Assas de contaminations gauchistes. Redoutés dans les couloirs de la fac, ses membres n’hésitaient pas à faire le coup de poing contre les distributeurs de tracts. De violents heurts s’ensuivaient souvent. De syndicat étudiant, ce GUD s’est mué en obscur groupuscule d’extrême droite, assurant le service d’ordre de manifestations FN et se liant successivement à tout ce que la France peut compter de xénophobe, de raciste et de néo-fasciste.

Ce samedi 19 mars au matin, au sortir d’une nuit de fête et quelques heures avant une autre fête promise à être plus belle encore, deux amis, Shaun Hegarty et Federico Martín Aramburú, tous deux acteurs des grandes heures du Biarritz Olympique, s’interposent dans une discussion qui semble mal tourner entre un trio et une personne semble-t-il étrangère. Dans cette affaire, ils n’auront qu’un seul tort : avoir eux aussi un accent, néo-zélandais pour le premier, argentin pour le second. Ils déchaînent ainsi l’ire xénophobe du trio de crétins qui va se muer en trio de salauds. Pour mieux assurer leur coup, ils vont chercher une voiture dans laquelle il y a au moins une arme, ce qui n’est pas innocent et caractérisera, on l’espère, la préméditation. Et ils tirent. À plusieurs reprises.

Federico Martín Aramburú s’effondre, tué de plusieurs balles.

Si on est affreusement choqué et attristé, ce terrible drame démontre, une fois de plus, la seule conséquence possible du racisme et de la haine : la mort programmée de quiconque n’obéit pas aux monstrueux préceptes des tenants de l’extrême droite.

Qu’ici même, à Biarritz et ailleurs, on se souvienne, au moment d’aller mettre son bulletin dans l’urne dimanche prochain, que l’un de nos frères a été par eux assassiné.

Michel-Ange, Piétà Bandini, 1547, marbre
Musée dell’Opera del Duomo, Florence

4 commentaires sur “Federico Martín Aramburú

  1. Il y a des assassins dans l’exrême droite comme il y en a dans d’autres partis, cela ne veut certainement pas dire que toutes les personnes de ces partis sont des assassins. Je suis sûr que tous les musulmans ne sont pas des assassins, que vous pouvez en trouver même qui vont à la messe………..

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