Bloc-notes 3

Université de Bayonne, Adour, Nive, Nivelle et ruisseaux associés. Le président de la Communauté d’agglomération veut et finance (!) son bout d’université. C’est ça, continuez à morceler, comme si l’université était un gâteau à se partager. Comme si une université était un objet d’aménagement du territoire, d’animation rurale. Parce qu’on s’imagine qu’un labo de recherche sans chercheurs et sans lourds moyens va attirer étudiants de 3e cycle et chercheurs de haut vol ? L’enseignement et la recherche, ce sont des dizaines de personnes spécialisées qui continuellement travaillent, discutent, échangent, se testent, confrontent idées et travaux. Quand toutes les universités du monde (intelligent) cherchent à être le plus grandes possibles pour être le plus performantes possible, ici, c’est chacun son bout de gras. Lui et ses camarades démagogues qui accèdent à ses désirs sont des fossoyeurs d’université.

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Les événements liés à l’assassinat du Préfet Claude Érignac auront été une longue succession de drames. Le dernier en date étant les conditions de la mort d’Yvan Colonna. Manifestations, funérailles, drapeau en berne. Nationalistes catalans, basques, bretons, de Nouvelle Calédonie et autres, ont apporté leur soutien à famille Colonna.
Tous ces jours, j’ai pensé à Madame Érignac.

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Campagne électorale écourtée ? Tant mieux. D’abord c’est bon pour les finances publiques : moins de mégashows qui ne font plaisir qu’aux candidats et à leurs supporters allège la facture. Les journalistes des chaînes d’info avaient un nouveau sujet : un danger pour la démocratie. Ça les occupait et comme on ne les regarde pas, on n’en a pas été gêné. Deuxième avantage, on a pu arriver tranquillement au vote sans avoir subi déclarations, discours ni débats. Un danger pour la démocratie ? Ouhlala, au contraire. Le temps accordé à chacun depuis 6 mois devrait être non plus décompté mais limité. Allez : tant de mots puis tais-toi. Ça les obligerait à se modérer. Bonne réforme.

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Pas de bulletin Hidalgo pendant deux heures dans un bureau de vote de Pau. Le représentant du Conseil constitutionnel l’a remarqué vers 10 heures. Ce qui est drôle n’est ni l’oubli ni que personne du bureau ne s’en soit aperçu, c’est que dans ce bureau d’une ville naguère socialiste, pas un seul électeur n’ait eu envie de voter pour elle.

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On a le souvenir vivace et pourtant lointain, d’une petite fille d’une dizaine d’années, personnage muet imaginé par le metteur en scène, apportant un linge à Argan pour le soulager. Étreinte par le trac et l’émotion, la petite fille vomit en entrant sur scène. Maître du texte, de la prosodie et de la scène, ce Malade imaginaire, sans interrompre le fil du discours, fait venir l’enfant à lui, lui essuie la bouche, la réconforte de mots affectueux improvisés, et, après un délicat baiser sur le front, la renvoie doucement : « vous pouvez y aller mon enfant ». Ainsi était Michel Bouquet : un grand seigneur.

©Denis Makarenko / shutterstock.com

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Tiens ! On n’a pas entendu parler du Biarritz olympique depuis trois jours. C’est pas normal.

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C’est parce qu’il est entouré de mystère que le Miserere d’Allegri est devenu objet de tant de curiosité au XIXe siècle. Partition dont toute copie était interdite jalousement conservée au Vatican, uniquement chanté aux offices de Ténèbres des Mercredi et Vendredi Saints, réservé à la Chapelle Sixtine : il n’en fallait pas davantage pour entretenir la fascination. Goethe, Stendhal, Berlioz obtiennent une invitation. Chateaubriand se rue à l’office pour écouter la musique prodigieuse : il en relate l’émotion dans ses Mémoires d’Outre-Tombe. Un Mozart de 14 ans – ô imprudents cardinaux ! ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient – en avait le premier retranscrit le texte de mémoire, au lendemain de l’avoir entendu.
En 1963 le King’s College de Cambridge le grave au disque et le fait connaître au monde. Il est vrai qu’il dispose de la lumineuse et exceptionnelle voix de 12 ans de Roy Goodman dont le contre-ut demeure de légende. Vingt versets antiphoniques, soit huit contre-ut dont on se demande s’ils sont humains, ou d’une flûte, ou d’un ange.
Selon leur coutume, les Anglais traduisent le texte latin. Curieusement, YouTube le coupe en deux.

Première partie
Deuxième partie

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