Biarritz olympique : rugby à trois bandes

On n’est pas seul à en avoir par-dessus la tête de ces histoires à rebondissements du BO. Il était quasiment écrit que les relations entre BO Rugby amateur et BOPB seraient judiciarisées un jour ou l’autre ; ce fut fait à la première convocation d’une AG de révocation. Qui dit Justice, dit multiples instances, recours, appels etc. On n’en a pas fini.
On essaye bien d’y voir clair, mais c’est devenu bien difficile, aucune des parties ne montrant désormais de volonté de faire un pas vers l’autre.

Le BOPB

Le président du BOPB a d’incontestables réussites sportives à faire valoir. Il a ainsi su rallier à sa cause un pool de supporters inconditionnels. Supporters du BO avant tout, devenus ses propres supporters. Hélas, avec ses déclarations à l’emporte-pièce, souvent bien calculées, il s’est mis à dos une bonne partie de ses partenaires potentiels en agaçant jusqu’aux sphères dirigeantes du rugby professionnel. On n’évoque évidemment pas les élus locaux qui en ont pris pour leur grade, souvent en des termes ou par des procédés inqualifiables. Que les relations avec la municipalité soient tendues par moments est normal dans des relations contractuelles. Ce qui l’est moins est que les difficultés ne soient jamais aplanies, au point de finir par s’ignorer mutuellement.

Monsieur Aldigé ne manque pas d’arguments. Sportifs d’abord, on l’a dit : Montauban c’est une chose ; on attend le match contre Colomiers avec impatience. Si l’équipe continue ainsi jusqu’à la fin de la saison, il ne manquera pas de toiser la mairie d’un « alors ? On fait quoi maintenant ? » ou quelque chose d’approchant voire plus… vigoureux.
Un stade vieillissant qui n’est plus aux normes est un autre argument de poids. Son manque d’entretien nuit au club, certes, mais à la Ville aussi dont l’équipement le plus emblématique va décrépissant. La lettre du bail emphytéotique est une chose1, l’intérêt bien compris des deux parties en est une autre qui devrait les amener à composer.

Le BO Rugby amateur

David Couzinet
Photo Émilie Drouineau pour Sud-Ouest

L’arrivée à la tête du BOra de joueurs ayant fait la gloire du club était destinée à bloquer les velléités du président du club pro d’avoir la main sur le numéro d’agrément. C’était nécessaire – les multiples épisodes du tragi-comique feuilleton Chantage au Départ furent tellement lassants – et le nouveau président, Monsieur Couzinet, calme, posé, ne cédant pas aux provocations, mais déterminé, a grandement contribué à un apaisement de surface. Qui ne dura pas. Ce qui finit par mettre le feu aux poudres publiquement est une histoire de subvention directe au BOra qui, naguère, transitait par le BOPB2. Cette manière de rassurer les BOra déclencha la fureur de Monsieur Aldigé. Ne pas lui faire allégeance semble être pour lui une déclaration de guerre. Jusqu’à cette fameuse convocation à une AG de révocation. Ces épisodes judiciaires ne sont qu’intimidations, pertes de temps et d’argent et, surtout, d’énergie, là où au contraire il faudrait reconstruire des relations contractuelles sur des bases apaisées et saines. C’est un vœu pieux, hélas.

La Ville

On a déjà écrit combien l’ambiguïté du discours de madame Arosteguy candidate avait nui à l’action de madame Arosteguy maire4. Ayant initialement répondu coup pour coup, elle s’est mise dans la situation de partie aux dissensions ; sa photo aux côtés des nouveaux dirigeants du BOra fut une opération de pure communication qui les délégitimait en même temps qu’elle la discréditait. L’idée farfelue d’un centre de formation – et de performance – à l’Hippodrome des Fleurs tient de la même veine : une idée de com, un coup. Mais enfin ! On n’engage pas un investissement de près de 10 millions d’euros sur un coup de tête. On recense d’abord les besoins puis on en conclut le meilleur moyen d’y répondre. En dehors de la mauvaise manière faite au BOPB, cet équipement n’a aucune justification. Un centre de formation doit nécessairement être adossé au club professionnel. Et il ne peut être polyvalent. Si un centre d’entraînement pour les clubs amateurs se révèle nécessaire et qu’on souhaite le joindre au centre de formation professionnel – pourquoi pas ? alors on fait se jouxter les deux équipements, mais séparés. Quitte à imaginer des économies d’échelle et des mutualisations ponctuelles. On confie alors aux spécialistes le soin d’imaginer le ou les bâtiments adéquats. Quant à son implantation, nul ne pense vraiment que le Polo soit cohérent. Faire un mauvais coup à Monsieur Aldigé est une chose, engager les finances de la Ville pour ça, en est une autre. Il faudrait occuper une bande de terrain tout en longueur, nécessaire aux courses de trot de juillet qui plus est. Comment cela se passera-t-il et quelles sont les exigences de leur organisateur ?

Madame le Maire assure tout sourire qu’elle reçoit d’heureux investisseurs prêts à racheter le BOPB. Que leur répond-elle quand ils demandent pour le club pro un centre de formation in situ, donc à Aguilera ? Qu’elle cédera 10 millions de plus pour signer un nouveau bail emphytéotique ? Car ne nous faisons pas d’illusions : nul ne reprendra ce bail sans en avoir renégocié les termes, parmi lesquels ce centre. Et une pelouse… Et des vestiaires… Et une tribune… Et leurs annexes… Et…

Avoir coupé les ponts avec le BOPB est la pire situation pour la Ville. Madame le Maire aurait dû mettre de l’huile dans les rouages et faire en sorte que la Ville pût continuer toujours à négocier avec le BOPB. Quand cela tourne au vinaigre, on envoie un adjoint ou un directeur des services, on continue à parler au propriétaire, mais jamais, pour le bien de la Ville, Madame le Maire n’aurait dû se laisser embarquer dans cette situation inextricable de blocage total.

« Le patron, c’est moi », avait-elle déclaré lors d’une conférence de presse. C’est plaisant à dire, mais mieux vaut l’être. Si elle en a la volonté, on n’attend que cela.

1 Retour vers le BO, le 4 octobre 2021
2 BOPB, Fal et autres petites choses, le 18 novembre 2021
4 BOPB, le revers de la médaille, le 5 septembre 2021
On peut lire ou relire aussi Blanco loupe sa rentrée, du 1er octobre 2021 et Stade français, stade d’Aguilera, du 29 novembre 2021.
On peut aussi s’abonner, bouton bleu en haut et à droite, « suivre BiarritzMania« , pour être sûr d’être informé des nouvelles publications.

10 commentaires sur “Biarritz olympique : rugby à trois bandes

  1. Merci Mr Saury pour cet article plein de vérité et de sagesse. Puisse le Ciel en aider certains à comprendre que dans ce club au passé prestigieux, il y a aussi des supporters amoureux de leur ville et sa tranquillité une grosse partie de l’année et également des joueurs, jeunes, qui sont fiers de porter le maillot avec le blason  » veritable  » de la ville. Bien à vous.

    Aimé par 1 personne

  2. Une intéressante mise en perspective ( enfin ) et de très bons arguments pour une fois a hauteur de la commune , des biarrots , de son indispensable BIARRITZ OLYMPIQUE !!!
    Par ailleurs le projet de centre de formation déplacé a l’hippodrome des fleurs semble ( avec un goût de scénario caché ) anticiper le funeste sort imaginé pour le BOPB et la disparition du volet professionnel rugby a Biarritz avec comme corollaire sa pérennisation chez le voisin bayonnais ; ce centre de formation ne serait alors qu’un équipement à dimension économique favorable à une politique touristique d’accueil de sportifs en stage ou en préparation mais ne serait plus à usage interne pour notre ville faute d’acteur sportif d’un niveau suffisant ; mais ceci pourquoi pas et relève peut être d’une bonne politique communale soucieuse du bien fondée de ses investissements
    En reprenant ces différents scénari , en combinant les différents intérêts , en laissant de côté les affrontements de personnes pourquoi pas quitte à vouloir faire de la place à AGUILERA envisager une hypothèse de travail :
    le dernier arrivé sur le site historique d’Aguilera ( autrefois avenue Floquet pour la mémoire des biarrots de longue date et en sortant de cette analyse les installations pour la pelote basque qui ont vocation à perdurer à Aguilera) dont le bâtiment a vocation être détruit est bien l’USB ; parions donc peut être sur un nouvel équipement pour l’USB à l’hippodrome et pour un centre de formation pour le rugby professionnel à AGUILERA !!!

    Aimé par 1 personne

  3. Bonsoir commentaires intéressants même si humblement je pense que le choix de nos politiques locaux pour le rugby professionnel sur la cote Basque s est porté sur l aviron bayonnais stade et centre de formation qui pourrait croire aujourd hui que l on se doterait d un outil de 30 millions à biarritz alors que 30 millions sont investis a 5 kms ? Le train est passé …et on verra si l actionnaire du bopb part si la mairie dispose de repreneurs et surtout avec quelle enveloppe financière.bonne soirée

    Aimé par 1 personne

      1. Bonjour analyse très pertinente en complément on peut aimer ou pas les actionnaires actuels mais pour moi point de départ des altercations ce sont les promesses non tenues par la mairie sur la modernisation du stade et le plan de financement. un témoin objectif mr bouscatel et des documents existent. Après on peut discuter de tout merci et bon week-end

        J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s