G7… mon amour !

Puisqu’il faut bien en parler

Un Froissart local manquerait l’essentiel s’il n’abordait The sujet. On a lu tout et n’importe quoi, en particulier sur les réseaux sociaux. Les exaltés du clavier pardonneront à l’auteur de ces lignes d’avoir une position mesurée et de ne pas évoquer non plus les anti G7 ou G7 ez car c’est le principe d’une telle réunion qu’ils récusent et non le fait qu’elle se tienne ici. On voudrait juste leur dire, tout de même, que la diplomatie directe est le meilleur moyen trouvé, depuis la nuit des temps, pour apaiser les relations internationales : on fait moins facilement la guerre à celui dont on a croisé le regard.

Le réflexe presque viscéral du parlementaire gaulliste, Monsieur Brisson, fut de dire « c’est un honneur pour notre ville d’avoir été choisie ». C’est un fait indiscutable et nous sommes nombreux à avoir partagé ce sentiment. Biarritz est ainsi reconnue digne et capable d’accueillir l’une des réunions les plus prestigieuses du monde, par son cadre et la beauté de sa côte et par les structures hôtelières et de congrès dont elle s’est dotée. Pour une ville de congrès, c’est un spot publicitaire mondial à l’impact qu’aucun salon professionnel n’aura jamais. Diplomates, organisations internationales, journalistes spécialisés, ONG invitées, tous auront parlé du « G7 de Biarritz » pendant toute une année. Par-delà le XXe siècle, Biarritz renoue pour deux jours avec les rencontres des grands de ce monde, quand le chancelier Bismarck rencontrait l’empereur Napoléon III au Palais ou que s’y tenait le conseil des ministres de sa gracieuse majesté, la reine Victoria : cela n’est pas rien et cela fit Biarritz.

Photo officielle du G7 2018 de La Malbaie – Quebec, Canada
Photo AFP (sur une idée de Sud-Ouest)

« Là-bas comme ici, l’une des grandes questions, c’est l’impact en matière de notoriété et de tourisme » écrit Raphaëlle Gourin en conclusion d’un article fort bien documenté dans Sud-Ouest-Pays basque (24 juin). D’aucun posait la question d’une autre manière : « qui se souvient du nom de la ville du G7 au Canada l’an passé ? ». Mais qui connaissait ce village de 8.000 âmes coincé entre la forêt et le Saint-Laurent (panoramas superbes) ? Quel européen aurait l’idée d’y aller passer ses vacances ? Alors que Biarritz est déjà une station mondialement connue et fréquentée. L’impact sera moins à calculer en termes de notoriété qu’en tourisme direct, en effet. Le biarrot aurait-il oublié que nous vîmes Concorde faire la navette avec New York, tout un mois de juillet, des séjours à Biarritz et en Pays basque, via le Bel Oiseau, ayant été choisis par une grande entreprise américaine pour récompenser certains de ses agents ? Quel spectacle, quel bruit, quelle fierté ! On ne part pas de rien : Biarritz rayonne autrement que La Malbaie.

Du 24 au 26 août. Là, on entre dans le dur. Nous sommes d’accord, ça va nous ennuyer. Grave. Nous, habitants, les touristes, les commerçants, tous ceux qui doivent venir travailler en ville. La période est gênante, novembre ou octobre aurait été plus favorable. Hélas, les calendriers diplomatiques ne laissent que peu de manœuvre. Pouvait-on déplacer le G20 du Japon et repousser les élections canadiennes, pour deux jours de vente de glaces, fussent-elles de la maison Lopez ? Oh, certes, on n’a pas senti de la part du maire de Biarritz, trop fier d’accueillir pareil aréopage, la moindre velléité d’en discuter avec le président de la République. L’aurait-il pu ? Peut-être. Peut-être pas. Du moins aurait-il dû le tenter.

En dehors de quelques commerces, l’activité sera soutenue ces jours-là. Car 7 Chefs d’État reclus, c’est une chose, mais les milliers qui les accompagnent, que pensez-vous qu’ils font pendant ces quelques jours ? Que font les journalistes ? Ils travaillent, ont besoin d’échanger avec leurs confrères, donc ils… se rencontrent, se baladent, consomment, se nourrissent, boivent un verre, achètent. C’est tout de même une énorme nuée de pouvoir d’achat qui s’abattra sur la ville pour près d’une semaine ! Les habitants des zones bleue et rouge craignent que ce soit le désert. Eh, eh… je serais prêt à tenir le pari que le lendemain, les mêmes râleront parce que « ces journalistes, qui n’ont rien d’autre à f…, ont fait un bruit infernal en terrasse pendant 3 soirs ». La rue de la soif ne sera pas déserte, non. Et les tiroirs-caisses pas au chômage : ça va être la canicule des cartes bleues.

Strasbourg, le lendemain du Sommet de l’OTAN – 2009

Jusqu’ici on s’est démarqué sensiblement de trois des «quatre aberrations au sommet» que relevait récemment Monsieur Amigorena (amigorena.fr, le 27 juin). On le rejoint sur  la troisième, l’aberration sécuritaire. Car l’inconvénient majeur de cette date, et là, on ne plaisante plus du tout, c’est la noria de contestataires ultra-violents que ce G7 charriera avec lui. On se souvient du G8 de Gênes à feu et à sang (un mort) ou du sommet de l’OTAN à Strasbourg où le quartier de Neudorf fut transformé deux jours en champ de bataille. Depuis, ces sommets ont lieu hors de zones urbaines ; pas dans une agglomération de 130.000 habitants en pleine saison. Et là, oui : le bât blesse. Oh ! Le BAB sera sanctuarisé, Vauban avait commencé les fortifications, Macron les parachèvera. Malheureusement, non seulement l’urbanisation de la zone favorisera les exactions, mais la date estivale sera une bonne occasion de joindre le plaisir à l’agréable, venir détruire, blesser, meurtrir, en guise de vacances sympathiques dans ce beau pays que les casseurs quitteront après l’avoir abîmé, détérioré, dégradé, du moins l’espèrent-ils. En milieu d’une semaine pluvieuse et froide de novembre, nul doute que les black-blocs de l’est européen et d’ailleurs auraient envisagé l’aller-retour avec moins de bonheur. Par-dessus tout, on souhaite qu’il ne se passe rien de grave, que les biens soient préservés et les Hommes respectés. Plaise au destin que cela ne soit pas un vœu pieux et que l’Histoire retienne de ce G7 autre chose que les outrages commis sous son prétexte.

La position la plus pragmatique est celle du président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, Monsieur Garetta qui estimait, en substance : « nous ne l’avons pas voulu, nous ne l’avons pas choisi, mais faisons en sorte d’en tirer le meilleur profit ». Loin des postures, des incantations, des sempiternelles railleries et des jugements définitifs, c’est la seule attitude réellement constructive à laquelle, d’ailleurs, se sont attelés avec lui, la majorité des élus, les services de l’Etat dans le département et les responsables touristiques et économiques locaux.

Après avoir vu Concorde, certains espéraient voir Air Force One atterrir à Parme… Pardon : à Biarritz-Pays basque. Hélas, qu’ils se détrompent : un Boeing 747 peut y atterrir mais la piste est trop courte pour qu’il en décolle. Nous aurions été obligés de garder le président des États-Unis jusqu’au prochain… G 20 !

10 commentaires sur “G7… mon amour !

      1. « On voudrait juste leur dire, tout de même, que la diplomatie directe est le meilleur moyen trouvé, depuis la nuit des temps, pour apaiser les relations  »
        Mdr! Quand on sait que Le dit Jacques m’a bloqué sur facebook pour un désaccord vraiment sans interet et sans meme me laisser le temps de me justifier!

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  1. Qui dit gaulliste, puisque vous utilisez ce mot pour qualifier Monsieur Brisson, dit éthique, honnêteté. Monsieur Max Brisson ne peut pas être gaulliste, car c’est un élu malhonnête . Il ne peut pas être gaulliste dans le sens premier du terme, car Monsieur Max Brisson n’était pas né quand il aurait pu poursuivre la lutte avec le général. Nous ne savons même pas si Monsieur Max Brisson accomplit naguère son devoir national ? Ce serait bien, qu’il nous le dise ! Monsieur Michel Veunac n’a pas encore répondu à cette question ? C’est trop privé sans doute ? Mais si Monsieur Michel Veunac s’aventure à doubler la mise- qui peut rapporter gros, car, à deux reprises, Monsieur Michel Veunac a tenté de vendre à petits prix des biens publics- les écuries et la villa Sion- sans succès grâce à la vigilance de conseillers municipaux….
    Monsieur Max Brisson est un élu malhonnête.
    Et je le prouve de manière cartésienne.
    Monsieur Max Brisson revendique publiquement ses amitiés pour les deux maires- l’ancien Didier Borotra, condamné par la justice française, et l’actuel Michel Veunac, qui sera convoqué au tribunal de Bayonne, après le G 7- car dans notre pays, en dépit de toutes les déclarations officielles, la séparation des pouvoirs n’existe pas ( la seconde condamnation de Didier Borotra sera connue fin août…après le G 7 !) ! – car j’ai porté plainte contre lui, en tant que maire, malhonnête, de Biarritz.
    Monsieur Max Brisson ferme les yeux depuis des lustres sur les violations de la loi perpétrées par ses deux amis.
    Qui ne dit mot consent et est complice.
    Donc Monsieur Max Brisson est un élu complice d’élus malhonnêtes, c’est donc un élu malhonnête.
    Quand je pourrai enfin consulter les contrats conclus à la cité de l’océan, dont Monsieur Max Brisson fut administrateur, on en saura un peu plus. Mais depuis septembre 2018, le maire de Biarritz, l’ami de Max Brisson refuse de me laisser consulter les contrats comme la loi m’y autorise. J’ai demandé à l’élu le plus important de Biarritz, Monsieur Max Brisson, d’intervenir auprès de son ami afin que la loi française soit appliquée à Biarritz. Pas de réponse de sa part. Monsieur Max Brisson ne souhaite pas que je mette mon nez dans les contrats conclus à la cité de l’océan, c’est un fait. Il ferme les yeux.
    Ce mauvais élu se croit toujours à la chambre haute pour piquer des petits roupillons.
    Pour ce qui me concerne, je ne vais pas m’endormir dans les mois et les années qui viennent !
    Les trois amis, qui partagent la même malhonnêteté, qui ont installé depuis des lustres, l’ immoralité publique à la mairie de Biarritz, le trio infernal Borotra, Brisson et Veunac, sont dans mon collimateur: ils ne vont pas vivre des jours filés d’or et de soie. Surtout s’ils veulent se représenter en septembre !
    Je consulterai les contrats conclus dans les SEM, comme la loi m’ y autorise, et je répondrai avec mon conseil aux mensonges de Michel Veunac devant les juges. Cela ne m’étonnerait aucunement de rencontrer Monsieur Max Brisson dans un prétoire.

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    1. Vos mots, Monsieur Husson sont forts et, si Monsieur Brisson s’y intéressait, pourraient vous valoir des poursuites judiciaires. Je laisse votre texte bien que, le laissant publié sur mon blog, je puisse être mis en cause moi aussi. Je suppose que vous avez les preuves de ce que vous énoncez.
      Par ailleurs, je suis désolé que cet article sur le G7 ne vous inspire que cette diatribe

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  2. Monsieur Saury,
    Une confidence tout d’abord : il m’arrive de faire des cauchemars et de rêver que Trump et Veunac soient chacun réélus en 2020 dans la zone géographique qu’ils contribuent actuellement à sinistrer.
    Mais après ce trait d’humour que vous ne goûterez peut-être pas, car vous semblez aimer les papiers « nuancés » comme le prouve votre article sur le G7, je souhaiterais évoquer un point qui me gêne particulièrement.
    Je suis d’accord avec les propos du président de la Chambre de Commerce :  » Nous ne l’avons pas voulu mais faisons en sorte d’en tirer le meilleur profit « . En revanche, on oublie trop souvent que Michel Veunac n’est pas que le maire de Biariitz, mais aussi un vice-président de l’Agglo chargé du Tourisme.
    Tellement convaincu d’ailleurs par la cause du tourisme au Pays Basque qu’il avait acheté ses cadeaux chez Hermès pour la venue, finalement annulée, de Macron et de son épouse!
    Même façon de ne pas jouer collectif au moment où s’est prise la décision d’un G7 à Biarritz. Parlez-en à des petits maires membres de l’Agglo et ils vous confirmeront qu’ils ont été totalement tenus à l’écart de cette décision qui concerne tout le Pays basque. Une fois de plus, Veunac a joué solo et c’est fort regrettable. À quoi sert une Agglo si chaque maire fait passer son ego avant le collectif?

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    1. Cher Monsieur,
      Evidemment que je goûte votre humour, et vous le savez bien. « Nuancé »… Comment dire… Comme je commence à vous connaître un peu, je vous trouve super vache de me traiter d’eau tiède, vous savez très bien que ce n’est pas le cas… Et puis nuancé, non : je dis clairement que ça va nous emm…! Comme tout le monde. mais va bien falloir faire avec… pragmatique, voilà, pragmatique
      Pour le reste, le maire de Btz est le maire de Btz ! Je sais bien que le président de l’agglo et qqs autres sont vent debout d’avoir été totalement tenus à l’écart. Peut-être avez-vous remarqué, car vous savez lire, que je ne rends pas particulièrement hommage à notre premier magistrat ?
      See you soon, JY !

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  3. Allez un peu d’humour noir, Jacques. Quand Bismark autrefois a failli se noyer à Biarritz un sauveteur courageux (Carcabueno peut-être) l’a sauvé. La suite on la connait… la guerre. Si Trump trébuche de son bateau au large de nos côtes il devra compter sur « son staff » car les jumelles de nos MNS ne portent sans doute pas assez loin ! Bon, c’était juste pour sourire de tout ce qui nous attend. amicalement. Martine

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